Conseils

La bronchiolite

La bronchiolite est une affection respiratoire bénigne touchant les nourrissons dès les premières semaines de vie. Cette maladie présente des signes alarmants pouvant déclencher des réactions injustifiées de la part des parents ou des proches.

Même si certains cas nécessitent une hospitalisation de quelques jours, l'évolution de cette maladie, si elle est traitée à temps, est toujours favorable

Quels sont les signes de la bronchiolite ?

  • Après quelques jours de toux sèche, les bruits respiratoires se font plus intenses, un ronflement et des sifflements peuvent apparaître.
  • Le nez, premier organe atteint, est bouché ; votre enfant respire par la bouche et ne peut donc plus s'alimenter normalement.
  • Le sommeil est perturbé.

Comment faire la différence entre bronchiolite et rhino pharyngite ? Quels sont les signes distinctifs ?

Les deux maladies sont des inflammations. La bronchiolite est souvent secondaire à une rhinite que l'on a tardé à soigner. La rhinite provoque principalement des sécrétions du nez, peut descendre sur le pharynx et provoquer une inflammation (toux et maux de gorge) et s'il l'on tarde à soigner la maladie, se transformer en laryngite (si l'infection descend sur le larynx). L'infection peut à tout moment tomber sur les bronches et bronchioles et se transformer en bronchiolite. C'est au médecin de localiser l'encombrement et de voir l'évolution de l'inflammation.

Que puis-je faire pour éviter que mon enfant ait une bronchiolite ?

La bronchiolite ne provient pas d'un "coup de froid" comme le pensent beaucoup de mamans, mais d'un virus qui colonise les voies respiratoires de votre enfant par contact direct ou indirect : la transmission se fait par voix aérienne (toux, éternuements) ou par l'intermédiaire des mains, de baisers ou d'objets souillés. Le VRS survit plusieurs heures sur les objets.

Il faut donc :

  • Respecter les mesures d'hygiène (lavage des mains avant de s'occuper du bébé et après…).
  • Désencombrer régulièrement le nez, particulièrement avant les repas, et utiliser des mouchoirs jetables. Lui donner régulièrement à boire.
  • Portez un masque si vous avez un rhume.
  • Évitez les lieux publics très fréquentés (magasins, transports en commun…) et retardez, si possible, l'entrée en crèche. Ne réunissez pas trop de personnes autour du bébé.
  • Évitez d'embrasser les bébés sur le visage, d'échanger sans lavage préalable dans la famille, les biberons, tétines…
  • N'échangez pas les tétines, biberons, sucettes, petites cuillères ou jouets d'un bébé à l'autre, toujours les nettoyer soigneusement.
  • Pensez également à laver les mains et à changer les vêtements des frères et sœurs plus grands revenant de la crèche ou de l'école.
  • Aérez la chambre quotidiennement et maintenez-la à une température n'excédant pas 19° C et veillez à ne pas trop le couvrir.
  • Respectez les bronches de votre bébé : ne fumez pas, il se défendra mieux contre les virus.

Comment mon enfant a-t'il attrapé sa bronchiolite ?

Le Virus Respiratoire Syncytial (VRS) est le principal agent infectieux de la bronchiolite. Il est responsable d'épidémies en automne et en hiver. Il touche 30% des enfants de moins de 2 ans et 70 à 80% des nourrissons entre 2 et 8 mois.

L'infection est très contagieuse. Le virus se transmet par la salive, la toux, les mains et les objets contaminés.

Que doit-on faire ?

  • Consultez rapidement votre médecin ou votre pédiatre, et d'autant plus vite que votre enfant est jeune. Un nourrisson de moins de trois mois doit être vu dans les heures qui suivent l'apparition des signes.
  • Commencez immédiatement les séances de kinésithérapie respiratoire prescrites qui seront effectuées de façon quotidienne et sans interruption.
  • Lavez le nez avant chaque repas pour qu'il puisse respirer pendant la prise de son biberon.
  • S'il a du mal à s'alimenter, fractionnez les repas, plus souvent et en plus petites quantités.
  • Eventuellement surélevez le haut de son lit pour un meilleur sommeil.
  • Bien vérifier que bébé ne se déshydrate pas : lui donner à boire régulièrement, bien vérifier que le bébé s'alimente correctement et prend bien ses biberons, désinfecter son nez avec du sérum physiologique, surveiller sa respiration, sa température et l'absence de diarrhée. A la moindre inquiétude, contactez votre médecin.
  • Retarder le plus possible sa mise en collectivité (crèche, garderie).

Que ne doit-on pas faire ?

  • Ne donnez pas de médicaments en dehors de ceux prescrits par le médecin pour cet épisode.
  • Ne confinez pas votre enfant dans une pièce trop chauffée et mal aérée.
  • N'exposez pas votre enfant à la fumée du tabac.
  • Ne vous précipitez pas aux urgences hospitalières, en période d'épidémie, vous pourriez attendre plusieurs heures avant la consultation et votre enfant pourrait être contaminé plus gravement pendant cette attente.

Quels sont les soins efficaces ?

Les voies respiratoires de votre enfant sont encombrées. Seul un désencombrement lui permettra de mieux respirer ; la kinésithérapie respiratoire permet de traiter ce problème grâce à des techniques exclusivement manuelles. Elle constitue le traitement principal de la bronchiolite.

Ces techniques sont indolores mais très impressionnantes.

Le kinésithérapeute va dans un premier temps laver et vider le nez de votre enfant avec un soluté physiologique.

Si ses bronches sont toujours encombrées, le kinésithérapeute va alors procéder à des manœuvres sur le thorax de votre enfant de façon à faire progresser le mucus vers l'arrière gorge et à le faire cracher.

Ce traitement nécessaire, mais souvent éprouvant pour les parents, doit être poursuivi jusqu'à guérison complète. Votre enfant doit donc être vu quotidiennement y compris les week-ends et jours fériés. Il est donc important de vous assurer auprès du kinésithérapeute que le traitement en cours ne sera pas interrompu.

N'hésitez pas à demander à votre kinésithérapeute de vous apprendre à bien laver le nez de votre enfant et à appliquer correctement le traitement médical.

Les antibiotiques ne sont pas indiqués en première intention en dehors de complications (otite aigüe…), ils n'ont aucun effet sur les agents viraux responsables de la bronchiolite.

Comment laver le nez de mon enfant ?

Les solutés physiologiques (isotoniques) en spray sont recommandés. En effet, la micro diffusion est mieux tolérée par les muqueuses, et le volume instillé est contrôlé. Préférez également un produit avec un embout conique sans corolle pour ne pas blesser la narine de votre enfant.

  • Allonger le bébé sur le dos sur la table à langer.
  • Tourner sa tête vers vous ; bloquez avec votre bras le corps et le bras du bébé.
  • Introduisez délicatement l'embout nasal du spray dans la narine supra latérale et relevez-le en direction de l'oreille.
  • Le spray est instillé par une seule et longue pression. Les mucosités sont alors expulsées par l'autre narine.
  • Cette manœuvre permet de nettoyer les deux narines.
  • La manœuvre doit être répétée au minimum avant chaque repas ; l'embout sera nettoyé à chaque utilisation.

Combien de fois par jours puis-je / faut –il moucher bébé ?

En cas d'encombrement, entre 6 et 8 fois par jours et toujours avant les repas et surtout avant le coucher. Evidemment, aussi souvent que nécessaire en fonction de l'encombrement. L'important est de bien se placer pour pouvoir agir, et de bien maintenir l'enfant.

A qui puis-je demander conseil pour bien apprendre à moucher mon bébé ? Existe-t-il des ateliers pratiques ?

Toutes les structures d'accueil des bébés sont sensées connaitre les bonnes méthodes de mouchage (crèche, pmi, maisons vertes, pédiatres, et bien sûr kinés). N'hésitez pas à leur demander conseil.

Le SUK organise tous les deux mois des stages pratiques, « l'école des mamans…et des papas », qui montrent exactement les techniques de mouchage de bébé qui permettent de lui dégager les bronches en profondeur sans lui faire mal. Une rubrique est consacrée à cette formation sur le site.

Mon enfant a du mal à s'alimenter... Comment faire ?

Bien moucher bébé avant chaque repas pour favoriser l'absorption des aliments. L'idéal est de fractionner les repas en augmentant leur fréquence (par petites quantités à la fois).

Quand faut-il faire de la kiné et comment se déroule une séance?

La kinésithérapie respiratoire est prescrite par le médecin traitant après diagnostic. Il faut donc dans un premier temps consulter un médecin généraliste.

La kinésithérapie respiratoire demeure le traitement primordial de la bronchiolite. Elle a pour objet de permettre d'évacuer les sécrétions bronchiques que le bébé ne réussit pas à faire. Le désencombrement des voies aériennes supérieures s'effectue au début de la séance.

Le kinésithérapeute désobstrue le nez de l'enfant à l'aide d'un spray nasal de sérum isotonique.

Il en profite pour rappeler aux parents comment effectuer un lavage du nez.

Le praticien effectue des mouvements sur la cage thoracique et l'abdomen du bébé lorsqu'il expire. Ces mouvements permettent de faire remonter les sécrétions de la trachée vers la bouche de l'enfant qui réussit ensuite à les expectorer.

Ces gestes s'effectuent plusieurs fois, de 5 à 10 fois environ, entrecoupée de périodes de repos permettant de provoquer la toux et de favoriser l'expectoration.

Quand faut-il hospitaliser l'enfant ?

L'hospitalisation constitue en général une simple mesure de précaution afin de mieux pouvoir surveiller l'enfant et de procéder à une oxygénothérapie et à une réhydratation par voie intraveineuse en cas de besoin. Il convient d'hospitaliser l'enfant en présence des signes de gravité suivant :

  • altération de l'état général de l'enfant ;
  • battement des ailes du nez ;
  • survenue d'épisodes d'arrêt respiratoire ;
  • âge de l'enfant < 6 semaines ;
  • fréquence respiratoire > 60/min
  • prématuré né avant 34 semaines ;
  • enfant avec malformation cardiaque ou maladie pulmonaire concomitante ;
  • difficultés d'alimentation faisant craindre une déshydratation ;
  • signes de déshydratation.